«1000 Mercis!»

Le temps s’est ramassé sur lui-même. Il est devenu compact.
Les 15 jours de cette extraordinaire aventure sportive et humaine se sont peu à peu transformés, dans ma mémoire, en une sorte d’instant unique, d’une intensité incroyable, pendant lequel, j’ai vécu presque simultanément tout ce qu’il est possible de ressentir dans son corps et dans sa tête.

Je reste persuadé que, dans la vie, on ne peut être satisfait qu’en triomphant des difficultés.
Si l’on veut quelque chose très fort, on finit par atteindre ce but.
C’est le message que je voudrais transmettre.

Courir 75 KMS par jour rend humble et très riche intérieurement.


Ma femme et mes filles m’ont terriblement manqués pendant ce périple. Pourtant, en rentrant chez moi, il m’a fallu un peu de temps pour reprendre mes habitudes, du temps pour comprendre que je n’ai plus d’objectif géographique à courir chaque jour.

UNE PART DE SOUFFRANCE

Je m’attendais à souffrir pendant ces 1100 KMS, j’ai souffert, terriblement souffert…
Mon corps me transmettait  des signales d’alarmes, chaque jour, étape après étape, de nouvelles douleurs arrivaient, mais heureusement le mental a toujours pris le dessus, imposant à mon enveloppe corporelle sa loi, en lui faisant comprendre qu’il n’avait pas le choix!
J’ai crié, pleuré, saigné, dégueulé, mais j’ai aussi dansé, rigolé,  en imposant toujours mon mental à mon physique.
Quand les ampoules, les ongles, les tendinites me faisaient mal, j’appréciais la chance que j’avais de traverser de si jolis paysages en courant.

 

UNE PART DE NATURE

La nature vous rend humble, paisible, je me souviendrai toute ma vie de ces sous bois Jurassiens.
Seul, au milieu de ces sapins gigantesques, on se sent minuscule et on demande la permission à «dame nature» de traverser, d’écouter et d’observer toutes ces merveilles.
Un matin, je me suis retrouvé nez à nez avec une biche.
Comme moi,  elle restait immobile, sans  peur, sans crainte, aussi étonnée que moi de cette rencontre inopinée.

Une autre fois, je me suis retrouvé sur un arbre, entouré par deux chiens de berger plus impressionnants que méchants.
Quoique…
J’ai du battre le record du monté d’arbre!
Puis, ce sanglier, dans la Drome, attiré par l’odeur du BOLINO d’un ravitaillement, heureusement qu’il y avait un grillage.

En Franche comté, j’ai même eu le privilège de voir des cigognes, dans le Vaucluse des Hérons et dans l’Isère des buses et des rapaces de toutes sortes.
Mais je dois reconnaître que dans mes moments de solitude, quand j’avais envie de parler, c’est avec mes amies les vaches que je discutais.

J’ai appris leur langage et Corinne Chabaud notre photographe pourra témoigner des liens qui se sont tissés entre nous.
En Franche Comté, elles couraient même avec moi!!

 

UNE PART DE GENEROSITE

Ce qui m’a le plus marqué durant cette traversée, c’est l’hospitalité incroyable de certaines personnes qui avec rien vous donnent beaucoup!
Une sacrée leçon de vie.
Plus nous étions en autonomie, dans la France profonde, plus l’accueil et la générosité était grande.

MERCI !

UNE PART D’AMITIE

Je me répète, mais sans l’équipe jamais je n’aurais réussi!
Ils ont été formidables, 24h sur 24 à me bichonner pour que je coure dans les meilleures conditions possibles!

Une mention vraiment spéciale à Rolland, mon kiné, qui a aussi été podologue, médecin, psychiatre, suiveur.
Sans lui je n’aurais pas été bien loin, un kiné aventurier avec une superbe mentalité, un garçon extraordinaire.

Et bien sur l’équipe à AUBAGNE qui a super bien bossé.

UNE PART DE MERCI

BRAVO et MERCI à Cédric, Jacky, Marie Claude, Jannick, Corentin, Fan fan, Christian pour m’avoir accompagné sur la dernière étape!

MERCI à DREAMSHAKE, FIX et ARNAUD pour leur accueil sur le Champs de Mars.

MERCI au groupe de motard pour m’avoir accompagné jusqu’à la tour Eiffel!

MERCI à Guillaume et Edmond son papa pour nous avoir rejoint à PARIS!

Un grand merci aussi aux journaux LA PROVENCE et LA MARSEILLAISE qui ont relayé sans cesse les infos!

Ludo a fait un travail remarquable sur le site internet ou nous avons battu des records de connexions grâce à vous.
Sachez que j’ai lu tout vos mails, vos SMS, vos messages, je ne sais comment vous remerciez, et vraiment, dans chacune de mes foulées vous étiez avec moi!

1000 mercis du fond du cœur! 

POUR UN PERIPLE INOUBLIABLE

Je sais que tout ce que j’ai vécu et assimilé pendant ces 15 jours me servira dans l’avenir.
Mes courses, tout en restant des défis sportifs, ressemblent de plus en plus à des voyages intérieurs et initiatiques.
J’en rapporte des trésors d’informations, de savoir et de connaissances.

Ma façon de vivre durant ces 15 jours est devenue une seconde nature, comme un peu le professeur Jones qui se transforme en Indiana Jones.

A bientôt 40 ans, le projet que je rumine depuis tant d’années, s’il se réalise, dépassera tout ce que j’ai fait jusqu’à présent.
En attendant, on va analyser et étudier Aubagne–Paris et certainement se lancer dans une autre aventure avant Aubagne–Sydney.

Peut-être Aubagne–Athènes, plus certainement la traversée du Canada
de Vancouver à Montréal (3800 KMS).

A très bientôt!

 

Christophe.

 

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